les mots de ma plume

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Niouma, petite Africaine.


Niouma

Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger.

Évangile de Matthieu chapitre 25 verset 35.

 

Interpellé au plus profond de moi par ce passage de la Bible, j'ai eu le désir de composer un texte qui décrit la misère que subissent de nombreux enfants...

 

 

Niouma,

 

Comme il est épouvantable, comme il est insupportable, le bruit murmuré,

le craquement que fait le pain pour toi Niouma qui a faim!...

Affamée, tu comptes sur tes doigts: un... deux... trois...

Peut-être t'es tu trompée! Recommences encore une fois: un... deux... trois...

Non! c'est bien cela. Voilà trois jours que tu n'as rien mangé, voilà trois jours et tu en as assez.

Tu quittes alors ton bidon-ville et tu pars pour mendier. Et pour te rendre en centre-ville, tu passes devant le marché.

Là, tu t'arrêtes devant les étals. Tu restes là, pétrifié devant tant de nourriture.

Alors tu imagines, tu rêves tout éveillée, tu rêves pauvre gamine que tu manges à satiété. Tu fermes les yeux et tu devines les effluves qui montent au nez et tu te lèches les babines mais... seulement en pensée. C'est cela que tu appelles: lécher la vitrine au sens propre comme au figuré.

Mais bientôt, la faim te rappelle la réalité. Tu caches alors ton visage dans tes mains et tu te mets à pleurer...

 

     - " Oh!... petite Niouma, que-t'es-t-il arrivé? Pourquoi en es-tu là, pourquoi tant de cruautés?... "

 

Il y a d'abord l'indifférence, avec sa bouche pleine d'abondance qui se moque éperdument du sort de ces enfants.

Puis le dédain passe, sans regarder, derrière les vitres teintées de sa limousine. Il ne pense qu'à se goinfrer, égoïstement se servir, jusqu'à en être écœuré, jusqu'à en vomir.

Et quand on lui parle de la misère, il répond arrogant et fier:

     -" Tous ces gamins crasseux... çà ne fait pas sérieux dans mon quartier, pour l'image de ma cité. Si l'on pouvait les cacher, les mettre à l'écart... "

 

Paradoxe  bizarre, invraisemblable énormité! Des enfants aux ventres gonflés meurent à coté de l'abondance, sans y avoir accès, meurent dans l'indifférence, petites vies sacrifiées.

 

     - " Oh!... petite Niouma. Tu ne peux donc rien faire?  N'y aurait-il pas des réponses à ta misère?... "

 

Elle pourrait voler... mais elle à peur des marchands. Elle n'a pas envie d'une raclée rien que pour une bouchée.

Elle pourrait encore faire comme son frère; s'enrôler dans la guerre. Être un enfant soldat auquel les méchants ont promis un bol de riz, s'il tenait un fusil... Et comme le gosse à  faim, il fait ce qu'on lui dit. Petit esclave asservi...

Elle pourrait encore, abus effroyable, offrir son corps, comme c'est épouvantable, et dans un grand lit se coucher avec un gros monsieur patibulaire pour échanger des baisers contre des billets verts...

Non, non et non!... Tout cela, Niouma, tu n'en veux pas. Tu veux garder ton cœur pur d'enfant, garder ton cœur de huit ans.

 

     - " Hé! Niouma, tu dors?... Je n'entends plus ta voix. Aller!... parles moi encore!"

 

Mais Niouma ne parlera plus. La faucheuse est passée par là. Niouma est avec Jésus, blottie dans le creux de ses bras.

 

Petite Niouma, petite africaine, je ne connaissais pas l'immensité de ta peine. La faim t'a emportée dans le sommeil profond. Comme tu étais belle avec tes cheveux bouclés et tes yeux papillon...

La disette t'a tout prit et le mépris t'a tué, mais je le promet: je garderai ton souvenir gravé.

Alors, que je m'éloignais, m'interrogeant sur ce qu'il convenait de faire, à mon oreille Jésus m'a murmuré: donnez leur vous-même à manger!

 

Henri Briffaut.

 

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Pour cela, faites comme moi et comme tant d'autres l'ont fait:  offrez lui un parrainage avec le SEL.

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28/10/2015
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